Selon le site du gouvernement, depuis le 1er janvier 2024, la loi AGEC impose aux collectivités de proposer une solution de tri à la source des biodéchets pour tous les Français. Cette nouvelle réglementation concerne particuliers et professionnels sans exception de volume. Les biodéchets, qui représentent un tiers de nos déchets ménagers, doivent désormais être séparés pour être valorisés en compost ou biogaz. Découvrez vos obligations et les solutions pratiques disponibles pour vous conformer à cette mesure environnementale majeure.
Sommaire :
- Biodéchets : définition et enjeux de la réglementation
- Loi AGEC : nouvelles obligations depuis janvier 2024
- Solutions pratiques pour le tri des biodéchets
- Déchets alimentaires obligatoire : liste et consignes
- Valorisation et traitement des biodéchets
- Sanctions et contrôles
- Calendrier et mise en œuvre progressive
Biodéchets : définition et enjeux de la réglementation
Qu’est-ce qu’un biodéchet ?
Un biodéchet est un déchet biodégradable d’origine naturelle, capable de se décomposer biologiquement. Il regroupe deux grandes catégories :
- les déchets alimentaires (restes de repas, épluchures, produits périmés non emballés)
- les déchets verts (tontes de pelouse, feuilles mortes, tailles de haies).
Ces déchets sont riches en matière organique et peuvent être recyclés naturellement, contrairement aux déchets classiques destinés à l’incinération ou à l’enfouissement.
Pourquoi séparer les biodéchets du reste des déchets ?
Le tri des biodéchets permet de :
- réduire la quantité de déchets incinérés ou enfouis
- limiter les émissions de méthane liées à la décomposition en décharge
- produire des ressources utiles (compost, biogaz)
- améliorer la qualité des sols.

Lorsque les biodéchets sont mélangés aux ordures ménagères, ils perdent tout leur potentiel de valorisation et deviennent une source de pollution inutile.
Les enjeux environnementaux de la valorisation
La valorisation des biodéchets s’inscrit pleinement dans une logique d’économie circulaire.
Elle permet :
- le retour de la matière organique au sol
- la préservation de la fertilité des terres agricoles
- la réduction de l’usage d’engrais chimiques
- la production d’énergies renouvelables locales.
Le tri biodéchets 2024 est donc un levier concret pour réduire l’impact environnemental de nos modes de consommation.
Loi AGEC : nouvelles obligations depuis janvier 2024
Obligation compostage 2025 : ce qui change pour tous
Contrairement à certaines idées reçues, l’obligation ne date pas de 2025 mais bien du 1er janvier 2024. La loi AGEC impose que chaque citoyen ou professionnel ait accès à une solution de tri à la source des biodéchets.
Il ne s’agit pas d’une obligation de posséder un composteur individuel, mais d’une obligation de séparer ses biodéchets et de les orienter vers une filière de valorisation.
Réglementation compostage particulier
Vous l’avez compris, pour les particuliers, le tri à la source des biodéchets est obligatoire depuis le 1er janvier 2024. Chaque foyer doit séparer ses biodéchets du reste des déchets ménagers, afin de permettre leur valorisation par compostage ou méthanisation.
La réglementation impose aux particuliers de :
- trier séparément les biodéchets, notamment les déchets alimentaires et déchets verts
- utiliser une solution mise à disposition par la collectivité, sans obligation d’équipement individuel
- respecter les consignes locales de tri, qui peuvent varier selon le territoire.

Selon le lieu d’habitation et l’organisation de la collectivité, cette obligation peut prendre différentes formes :
- un composteur individuel, généralement proposé aux logements disposant d’un jardin
- un composteur partagé, en pied d’immeuble ou dans un quartier
- une collecte séparée des biodéchets, via un bac dédié
- un point d’apport volontaire accessible à proximité du domicile.
L’objectif n’est pas d’imposer une solution unique, mais de garantir à chaque citoyen un accès effectif au tri des biodéchets.
Obligation entreprise : tri à la source généralisé
Au même titre que les particuliers, depuis 2024, le tri à la source des biodéchets est obligatoire pour toutes les entreprises, sans seuil minimal de production. Cette obligation concerne l’ensemble des acteurs économiques, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité.
Sont notamment concernés :
- les commerces
- les bureaux et entreprises tertiaires
- les établissements de santé
- les industries
- les administrations et collectivités.
Les entreprises doivent mettre en place un dispositif conforme, comprenant :
- des contenants de tri adaptés
- la sensibilisation et la formation des équipes
- une solution de collecte ou de valorisation agréée
- la traçabilité des biodéchets, via des justificatifs ou contrats.
Le non-respect de ces obligations peut entraîner des contrôles et des sanctions administratives.
Découvrez tout notre article sur les enjeux du déploiement du tri sélectif.
Réglementation restauration collective
La restauration collective est particulièrement concernée par le tri des biodéchets en raison des volumes importants générés quotidiennement. Elle est soumise à des exigences renforcées en matière d’organisation et de suivi.

Les établissements de restauration collective doivent :
- trier les déchets alimentaires dès leur production, en cuisine et en salle
- stocker les biodéchets dans des contenants spécifiques et étanches
- recourir à un prestataire ou une filière de valorisation agréée
- conserver des justificatifs de valorisation, notamment en cas de contrôle.
Ces mesures visent à assurer une gestion rigoureuse des biodéchets, conforme aux objectifs de la loi AGEC et aux exigences sanitaires.
Solutions pratiques pour le tri des biodéchets
Composteur : les options disponibles
Nous l’avons déjà mentionné un peu plus haut, mais la réglementation n’impose pas un équipement unique. L’objectif est avant tout de garantir une solution effective de tri et de valorisation des biodéchets, adaptée aux contraintes de chaque foyer.
Plusieurs options sont possibles selon le type de logement et l’organisation locale :
- le composteur individuel, généralement destiné aux maisons disposant d’un jardin
- le lombricomposteur, particulièrement adapté aux appartements et aux espaces réduits
- le compostage partagé, installé en pied d’immeuble ou dans un quartier
- la collecte séparée des biodéchets, assurée directement par la collectivité.
Le choix de la solution dépend principalement de la typologie de logement, de la densité urbaine et des dispositifs proposés localement.
Découvrez notre guide pratique sur le compost.
Collecte séparée par les collectivités
Pour faciliter la mise en œuvre du tri à la source, de nombreuses collectivités ont mis en place des dispositifs dédiés. Ces solutions visent à accompagner les foyers qui ne peuvent pas composter eux-mêmes.
Les équipements proposés peuvent inclure :
- des bacs spécifiques pour les biodéchets, distincts des ordures ménagères
- des sacs compostables certifiés, compatibles avec les filières de valorisation
- un calendrier de collecte dédié, adapté aux contraintes sanitaires.
Ces dispositifs permettent de simplifier le geste de tri et d’assurer une valorisation efficace des biodéchets collectés.
Points d’apport volontaire et bornes dédiées
Dans certaines zones urbaines ou très denses, la collecte en porte-à-porte n’est pas toujours possible. Les collectivités peuvent alors proposer des points d’apport volontaire spécifiquement dédiés aux biodéchets. Ils prennent généralement la forme de bornes accessibles 24h/24, implantées à proximité des lieux d’habitation ou sur des espaces publics.
Ce système permet de mutualiser la collecte, de réduire les contraintes logistiques et d’optimiser les tournées.
Compostage de proximité et solutions collectives
Le compostage de proximité repose sur une gestion collective des biodéchets, souvent accompagnée par la collectivité ou des acteurs locaux. Il peut être assuré :
- directement par les habitants
- par une association de quartier
- par la collectivité elle-même.

Au-delà de la valorisation des déchets, ce type de solution favorise l’implication citoyenne, la sensibilisation aux enjeux environnementaux etle développement de pratiques durables à l’échelle locale.
Déchets alimentaires obligatoire : liste et consignes
Déchets de cuisine et restes alimentaires
Peuvent être déposés dans la poubelle biodéchets :
- épluchures de fruits et légumes
- restes de repas
- pain rassis
- marc de café et filtres papier
- sachets de thé
- coquilles d’œufs écrasées.
Déchets verts et recyclage déchets verts
Sont acceptés :
- tontes de pelouse en petites quantités
- feuilles mortes
- tailles de plantes et fleurs fanées.
Certaines collectivités demandent un apport spécifique pour les volumes importants.

Ce qui ne va pas dans la poubelle biodéchets
Sont strictement interdits :
- plastiques et emballages
- sacs non compostables
- verre et métal
- litières minérales
- couches et lingettes
- cendres et mégots.
Le respect des consignes garantit une valorisation efficace.
Valorisation et traitement des biodéchets
La valorisation des biodéchets est l’objectif central du tri à la source mis en place depuis 2024. Une fois collectés et triés, les biodéchets sont orientés vers des filières de traitement adaptées, permettant de produire des ressources utiles tout en limitant l’impact environnemental.
Compostage industriel et production d’amendements
Le compostage industriel consiste à traiter les biodéchets dans des installations spécialisées, sous conditions contrôlées de température, d’aération et d’humidité. Ce procédé permet d’obtenir un compost normé, conforme aux exigences réglementaires.
Le compost issu de cette filière est principalement utilisé :
- en agriculture, pour enrichir les sols
- dans les espaces verts publics et privés
- pour des projets d’aménagement paysager.
Grâce à sa richesse en matière organique, le compost améliore la structure des sols, favorise la rétention de l’eau et limite le recours aux engrais chimiques.
Méthanisation et production de biogaz
La méthanisation est un procédé biologique permettant de dégrader les biodéchets en absence d’oxygène. Elle aboutit à la production de deux ressources complémentaires. Elle permet de produire :
- du biogaz, utilisé pour le chauffage, la production d’électricité ou injecté dans le réseau de gaz
- un digestat, résidu organique valorisable comme fertilisant agricole.
Cette filière contribue à la production d’énergie renouvelable locale et constitue une solution complémentaire au compostage, notamment pour les flux importants de biodéchets.
Retour au sol et bénéfices agronomiques
Le retour au sol de la matière organique issue des biodéchets joue un rôle essentiel dans la préservation des sols. Il permet de restaurer les équilibres naturels tout en soutenant une agriculture plus durable. Le retour au sol :
- enrichit les terres en nutriments essentiels
- stimule la vie microbienne et la biodiversité des sols
- réduit l’érosion et améliore la stabilité des terres
- participe à la souveraineté alimentaire en renforçant la fertilité des sols agricoles.

La valorisation des biodéchets transforme ainsi un déchet en ressource durable, au cœur des objectifs environnementaux de la loi AGEC.
Sanctions et contrôles
La mise en place du tri à la source des biodéchets repose avant tout sur unelogique d’accompagnement et de sensibilisation. Mais la réglementation prévoit également des dispositifs de contrôle et de sanction, notamment en cas de non-respect répété ou volontaire des obligations.
Sanctions pour les particuliers non conformes
Pour les particuliers, les collectivités privilégient généralement une approche pédagogique et progressive. L’objectif est d’informer et d’accompagner les foyers vers une meilleure gestion de leurs biodéchets.
En cas de non-respect constaté, les mesures peuvent inclure :
- des rappels à l’ordre ou des avertissements
- des actions de sensibilisation complémentaires
- des sanctions prévues par le règlement local, en cas de refus persistant de se conformer aux consignes.
Les modalités précises (nature des sanctions, montants éventuels) sont définies au niveau local et peuvent varier d’une collectivité à l’autre.
Amendes pour les entreprises et professionnels
Les entreprises et professionnels sont soumis à des obligations plus strictes, compte tenu des volumes produits et des enjeux de traçabilité. En cas de non-conformité, ils s’exposent à des mesures plus contraignantes.
Les risques encourus peuvent inclure :
- des amendes administratives
- des sanctions en cas de non-conformité avérée, notamment l’absence de tri ou de filière de valorisation
- des contrôles renforcés par les autorités compétentes.
Le non-respect des obligations peut également engager la responsabilité de l’entreprise en cas de manquement répété.
Contrôles et justificatifs à fournir
Afin de prouver leur conformité à la réglementation, les professionnels doivent être en mesure de présenter des documents attestant de la bonne gestion de leurs biodéchets.
Les justificatifs généralement demandés comprennent :
- des contrats de collecte ou de valorisation avec un prestataire agréé
- des factures ou bons de prise en charge
- des registres de suivi des déchets, précisant les volumes et les filières utilisées.
La conservation de ces documents est essentielle pour démontrer la conformité lors d’un contrôle et sécuriser la gestion des biodéchets sur le long terme.
Calendrier et mise en œuvre progressive
Déploiement territorial jusqu’en 2026
Toutes les collectivités ne disposent pas du même niveau d’équipement ni des mêmes contraintes logistiques. C’est pourquoi le déploiement des solutions de tri des biodéchets s’effectue de manière progressive. Dans les faits, certaines collectivités sont déjà pleinement opérationnelles, d’autres poursuivent le déploiement des équipements et des filières, mais un horizon de généralisation complète est fixé jusqu’en 2026 pour certains territoires.
Cette progressivité vise à garantir une mise en place efficace et durable des dispositifs, sans rupture de service pour les usagers.
Accompagnement des collectivités
Les collectivités ne sont pas seules face à cette transition. Elles bénéficient notamment de l’accompagnement de l’ADEME, acteur central de la transition écologique en France.

Cet accompagnement porte notamment sur :
- la structuration des filières de collecte et de valorisation
- la sensibilisation des usagers aux bonnes pratiques de tri
- le financement des équipements nécessaires à la mise en œuvre du dispositif.
L’objectif est d’assurer une montée en compétence progressive des territoires.
Aides financières et soutien technique
Afin de faciliter l’application de la réglementation, des dispositifs d’aide existent à destination des collectivités, mais aussi parfois des particuliers et des professionnels.
Ces aides peuvent concerner :
- l’achat de composteurs individuels ou collectifs
- le développement de la collecte séparée des biodéchets
- la formation des agents et des acteurs locaux
- les actions de communication et de pédagogie auprès du public.
Ces soutiens financiers et techniques permettent d’accélérer la mise en œuvre du tri biodéchets tout en garantissant son acceptation par les usagers.




