En France, des millions de bouteilles et de bocaux en verre sont déposés chaque année dans les conteneurs à verre afin d’être recyclés. Respecter les consignes de tri est une astuce simple mais essentielle pour préserver les ressources, limiter les gaz à effet de serre et favoriser le recyclage du verre. L’ADEME rappelle d’ailleurs que le verre est un matériau recyclable à l’infini, contrairement à d’autres produits comme le plastique, les métaux ou le papier. Pourtant, lorsqu’un emballage est consigné, il peut suivre un parcours technique encore plus vertueux grâce au réemploi.
Au lieu d’être cassé puis fondu pour fabriquer un nouvel emballage à usage unique, un contenant sous consigne est identifié, nettoyé, contrôlé puis remis en circulation, sans jamais finir à la poubelle ni ajouter au volume des déchets ménagers à traiter. Grâce à ce système, un même flacon peut connaître jusqu’à 40 vies avant d’intégrer, en fin de parcours, la filière de recyclage. Le réemploi des contenants permet ainsi de réduire les émissions de CO₂, d’économiser de l’énergie, de préserver les matières premières et de limiter la production de déchets ménagers.
Chez Le Fourgon, cette boucle d’économie circulaire repose sur une étape clé : l’identification et le classement des contenants. Chaque bouteille que vous nous rapportez doit d’abord être reconnue et répartie pour ensuite être lavée par nos prestataires locaux, puis envoyée chez nos producteurs afin d’être remplie de nouveau et réutilisée dans les meilleures conditions.
Cette étape essentielle est précisément le rôle de notre Brigade des vides, installée sur notre plateforme logistique de Liévin, dans les Hauts-de-France. Chaque jour, cette équipe spécialisée classe plusieurs dizaines de milliers de flacons, par marque et par format, avant leur départ vers les sites de lavage partenaires. C’est cette étape de préparation qui garantit le bon fonctionnement de toute la chaîne sur le territoire.
Aujourd’hui, on vous ouvre les portes de notre entrepôt de stockage pour découvrir les coulisses de ce métier indispensable. Vous suivrez le parcours d’une bouteille, de son retour chez Le Fourgon jusqu’à sa remise en circulation, et découvrirez comment la Brigade des vides contribue chaque jour au développement du réemploi des contenants en France.
Comment reconnaître rapidement un contenant consigné
Avant de rapporter un contenant, quelques vérifications rapides suffisent pour savoir s’il est réemployable :
- Le logo de consigne : la plupart des contenants consignés portent un pictogramme dédié, imprimé directement sur l’étiquette ou ajouté sous forme d’autocollant sur l’emballage. C’est le repère le plus fiable pour identifier une bouteille ou bocal consigné.

- Le nom du réseau ou du distributeur : certaines bouteilles affichent le nom d’un réseau de consigne comme Le Fourgon, ou celui d’un distributeur partenaire, signe qu’elles suivent un circuit de réemploi.
- L’état général du verre : un contenant fêlé ou ébréché ne pourra pas être réemployé, même s’il porte un logo de consigne, et rejoindra directement la filière de recyclage.
En cas de doute, prenez un instant pour vérifier que votre bouteille ou bocal est bien consigné avant de nous le rendre. Tous les contenants qui ne font pas partie du réseau de réemploi doivent être déposés dans votre conteneur en verre local pour être recyclés.
Pourquoi le réemploi est-il plus efficace que le recyclage ?
Le recyclage du verre reste une excellente solution en fin de vie d’un contenant : déposé dans un conteneur à verre ou sur un point d’apport volontaire, il est collecté, trié, transformé en calcin, puis fondu à plus de 1 500 °C pour fabriquer de nouveaux produits, un procédé efficace, mais énergivore, qui explique en partie pourquoi le taux de recyclage du verre reste un enjeu suivi de près en France.
Le réemploi fonctionne différemment : au lieu de détruire une bouteille, il conserve le contenant existant, simplement lavé et contrôlé avant de retourner chez son producteur. Le réemploi et le recyclage sont donc complémentaires, le premier prolonge la durée de vie des contenants, le second valorise la matière lorsqu’un emballage est cassé, usé et ne peut plus servir à nouveau, c’est aussi l’esprit porté par la loi Agec, qui encourage le développement d’alternatives à l’usage unique.
Pourquoi le classement des contenants est-il indispensable ?
À première vue, tous les contenants en verre se ressemblent. Pourtant, chaque catégorie de produits utilise souvent des formats d’emballage adaptés à ses besoins, avec des dimensions et des caractéristiques spécifiques. Une bouteille de bière ne peut donc pas remplacer une bouteille de jus de fruits ou de limonade sur une ligne d’embouteillage.
Chaque flacon doit retrouver son producteur avant d’être lavé puis réutilisé. C’est le rôle de la Brigade des vides : identifier chaque référence, répartir les contenants par marque et les replacer dans les bonnes caisses afin qu’ils suivent leur circuit de réemploi.
Contrairement aux centres de tri dédiés au recyclage, où le tri optique sépare les matériaux avant leur traitement, le réemploi du verre repose sur une identification manuelle précise. L’objectif est de conserver chaque contenant dans son état d’origine.
Sans ce travail, les centres de lavage devraient effectuer un nouveau classement, ralentissant la filière et réduisant l’efficacité de cette démarche d’économie circulaire.
Comment se déroule concrètement le classement des contenants ?
Toute la journée, les contenants reviennent des tournées de livraison vers notre plateforme logistique. Les opérateurs de la Brigade des vides vérifient leur référence, leur marque et leur format avant de les orienter vers le bon circuit de tri. Les grands formats sont triés manuellement par les équipes, tandis que les petits formats sont pris en charge par une ligne de tri automatisée. Cette automatisation, soutenue par l’ADEME, permet d’accélérer le traitement des petits contenants, de fiabiliser le tri et d’améliorer les performances de la chaîne de réemploi. Une fois correctement triés et les caisses complètes, celles-ci sont expédiées vers les producteurs ou les sites de lavage partenaires.
Une caisse correctement triée repart immédiatement dans la boucle de réemploi. À l’inverse, une erreur de tri ralentit le traitement dans les sites de lavage. Le tri des contenants exige donc rigueur et une parfaite connaissance des centaines de références qui circulent chaque jour, qu’il soit réalisé manuellement ou avec l’appui des équipements automatisés.
Un métier qui demande un vrai savoir-faire
Reconnaître un contenant en verre peut sembler simple, mais distinguer des centaines de références pour les trier demande un véritable apprentissage. Quelques millimètres de hauteur, un relief ou une nuance de couleur suffisent à différencier deux bouteilles. Un contenant fêlé, présentant un début de casse, rejoint aussitôt la filière de recyclage plutôt que la boucle de réemploi. Ce travail exige donc une grande précision, doublée d’un vrai savoir-faire technique.

Pourquoi avoir créé la Brigade des vides ?
Au lancement du Fourgon, l’identification des contenants était assurée directement par les livreurs, une organisation qui suffisait tant que le nombre de flacons et de références restait limité. Avec le développement de la consigne, cette tâche est devenue une activité à part entière, confiée à une équipe dédiée : la Brigade des vides.
Aujourd’hui, cette équipe compte douze collaborateurs, recrutés avec l’accompagnement de Cap Emploi. Tous sont employés en CDI et contribuent au développement d’une économie circulaire, à la seconde vie des bouteilles et à la création d’emplois durables sur le territoire.
Autour de Julien, le chef d’équipe, Adélaïde, Jennifer, Bryan, Alan, Virginie, Manon, Valentin, Kevin, Mickaël et Sébastien assurent chaque jour la préparation des bouteilles, afin que chaque emballage en verre rejoigne le bon site de lavage puis son producteur, un maillon essentiel de la réduction de l’impact environnemental.
Des millions de contenants pris en charge chaque année
Chaque jour, la Brigade des vides traite entre 15 000 et 17 000 contenants, soit près de 80 000 par semaine et environ 4 millions par an, sans installation supplémentaire, tant l’organisation de la Brigade est rodée.
Depuis le premier million de contenants réemployés atteint par Le Fourgon en 2022, ce mode de gestion des emballages ne cesse de se développer et s’impose progressivement comme un complément au recyclage, un peu à la manière dont le compostage complète la gestion des déchets organiques.
Que deviennent les contenants après leur passage en plateforme ?
Une fois identifiés, les contenants sont regroupés par marque et par format, puis expédiés vers les sites de lavage partenaires ou directement chez leur producteur. Dans les Hauts-de-France, nous travaillons avec Haut la Consigne ; dans l’Ouest, avec Bout à Bout. Chaque flacon y est débarrassé de son étiquette, lavé à environ 60 °C, rincé, puis contrôlé avant d’être rempli à nouveau.
Lorsqu’un emballage présente une fissure ou un défaut, il quitte la boucle de réemploi pour rejoindre la filière de recyclage : transformé en calcin, ce verre cassé sert à fabriquer de nouveaux produits, contribuant au taux de recyclage global de la filière.
Un contenant réemployé permet d’économiser jusqu’à 79 % de CO₂, 75 % d’énergie et 33 % d’eau par rapport à un contenant recyclé.
Sans vous, rien ne serait possible
Cette chaîne de valeur repose sur une organisation où chacun joue un rôle essentiel : les producteurs conçoivent les emballages, la Brigade des vides assure leur identification, nos partenaires Haut la Consigne et Bout à Bout prennent en charge le lavage et le contrôle. Et il y a vous : en rapportant vos contenants consignés lors de votre prochaine livraison, vous faites vivre cette boucle, un geste qui ne concerne pas seulement votre foyer, mais l’ensemble des acteurs municipaux et industriels engagés sur ce territoire.
La Brigade des vides recrute
Le Fourgon poursuit son développement, et la Brigade des vides grandit avec lui. Si vous aimez le travail d’équipe, êtes rigoureux et souhaitez exercer un emploi à impact concret sur l’environnement, cette mission est faite pour vous. N’hésitez pas à contacter directement nos équipes ou à déposer votre candidature.
Rejoindre la Brigade des vides, c’est participer à une aventure qui associe économie circulaire, emploi inclusif, performance logistique et transition écologique.
FAQ sur le tri et le réemploi des contenants
Qui identifie les contenants consignés chez Le Fourgon ?
Cette mission est assurée par la Brigade des vides, une équipe de douze collaborateurs basée à Liévin, dans les Hauts-de-France. Chaque jour, les opérateurs reconnaissent les différentes références, les regroupent par marque et par format, puis les expédient vers les producteurs ou les sites de lavage partenaires.
Combien de contenants la Brigade des vides traite-t-elle chaque jour ?
Entre 15 000 et 17 000 contenants par jour, soit environ 80 000 par semaine et près de 4 millions de flacons consignés par an sur notre plateforme logistique de Liévin.
Que devient un contenant consigné après son retour ?
Après sa collecte, chaque contenant est identifié, contrôlé, puis envoyé vers un site de lavage où il est débarrassé de son étiquette, nettoyé, inspecté et préparé pour un nouveau remplissage. S’il répond aux critères de qualité, il retrouve son producteur et peut être réemployé jusqu’à 40 fois avant d’intégrer la filière de recyclage.
Pourquoi les contenants sont-ils répartis par marque ?
Chaque producteur utilise un modèle spécifique d’emballage, avec des dimensions, un poids ou une forme adaptés à ses lignes de production. La répartition par marque et par référence garantit que chaque contenant retrouve le bon producteur. Contrairement au tri optique utilisé dans les centres de recyclage, cette méthode repose sur une identification manuelle particulièrement précise.
Tous les contenants en verre peuvent-ils être réemployés ?
Non. Seuls les emballages consignés, conçus pour être lavés et remplis plusieurs fois, peuvent intégrer cette boucle de réemploi. Les autres contenants, comme certains pots en verre ou bocaux non consignés, sont orientés vers la filière de recyclage, où ils sont transformés en calcin pour fabriquer de nouveaux produits en verre recyclable.
Où jeter une bouteille en verre non consignée ?
Une bouteille non consignée doit être déposée dans un conteneur à verre, une borne de tri ou un point d’apport volontaire, la même borne pouvant d’ailleurs accueillir vos bocaux, conformément aux consignes de tri de votre commune (à distinguer du bac jaune, réservé aux autres emballages recyclables). Il n’est pas nécessaire de retirer le bouchon avant de la déposer. En revanche, si votre contenant est consigné chez Le Fourgon, rapportez-le simplement à votre livreur. Il sera pris en charge par la Brigade des vides, lavé par nos partenaires, puis remis en circulation dans la filière de réemploi.
La vaisselle, les miroirs ou les ampoules se recyclent-ils avec les bouteilles ?
Non, et c’est une erreur fréquente. Seuls les emballages en verre (bouteilles, pots et bocaux alimentaires) doivent être déposés dans les conteneurs à verre. La vaisselle, les miroirs, les vitres et les ampoules ne se recyclent pas avec eux, car leur composition est différente et perturbe le recyclage. Ces objets, ainsi que les pots de peinture, l’huile usagée et les déchets métalliques de bricolage, doivent être déposés en déchèterie. Cette règle s’applique aussi aux professionnels, aux institutions et aux collectivités.
Quelle est la différence entre le réemploi et le recyclage du verre ?
Le réemploi consiste à laver, contrôler et réutiliser les contenants sans les transformer. Le recyclage consiste à broyer le verre en calcin, puis à le refondre pour fabriquer de nouveaux produits. Bien que le verre soit recyclable à l’infini, le réemploi est plus écologique, car il réduit l’empreinte carbone, préserve les ressources et prolonge la durée de vie des bouteilles.
La Brigade des vides, opération réalisée avec le soutien financier de l’ADEME.


