Chez Le Fourgon, nous sommes convaincus d’une chose : la consigne en verre n’est pas une tendance. C’est le retour d’un modèle qui a déjà fait ses preuves pendant des décennies. Depuis plusieurs années, nous participons concrètement à remettre la consigne dans le quotidien des consommateurs. Chaque contenant collecté, lavé et remis en circulation raconte une histoire plus grande : celle d’un système ancien, longtemps oublié, qui redevient aujourd’hui une solution clé face aux enjeux environnementaux.
Sommaire :
- La consigne en verre : définition simple
- Les origines de la consigne en verre : avant l’écologie, le bon sens économique
- Le début de la fin : pourquoi la consigne pour les bouteilles en verre a disparu en France
- Le rôle des éco-organismes dans la gestion des emballages en France : focus sur Citeo
- Pourquoi la consigne fait son grand retour aujourd’hui
- Consigne vs recyclage : deux logiques différentes
- Comment fonctionne la consigne en verre aujourd’hui
- La consigne : un pilier de l’économie circulaire
- Les défis actuels
- Un modèle historique devenu solution d’avenir
- Nos réponses rapides à toutes vos questions
La consigne en verre : définition simple
La consigne consiste à payer un dépôt lors de l’achat d’un produit dans un contenant réutilisable, le plus souvent en verre. Ce dépôt est récupéré lorsque l’emballage est rapporté afin d’être nettoyé puis réutilisé. Contrairement au recyclage, la consigne permet la réutilisation directe du contenant, ce qui réduit fortement :
- la production de déchets
- la consommation d’énergie
- l’extraction de matières premières
Les origines de la consigne en verre : avant l’écologie, le bon sens économique
Bien avant les enjeux environnementaux actuels, la consigne répondait déjà à une logique simple : éviter de gaspiller un matériau coûteux.
Le verre : un matériau précieux
Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, le verre est un matériau coûteux et complexe à produire. Sa fabrication demande beaucoup d’énergie et des matières premières spécifiques, ce qui rend la production de bouteilles neuves relativement chère.
Autrement dit, à cette époque :
- fabriquer du verre nécessite des fours très énergivores (plus de 1 400°C)
- le transport est compliqué et risqué (le verre casse facilement)
- les réseaux logistiques sont moins développés qu’aujourd’hui
- les matières premières demandent extraction, transport et transformation coûteuses

Résultat : jeter une bouteille après un seul usage n’a aucun sens économique. Réutiliser les bouteilles devient donc une évidence industrielle : il est beaucoup plus rentable de récupérer, laver et remettre en circulation un contenant existant que d’en produire un nouveau à chaque fois.
Les premiers systèmes de consigne organisés
Dès la fin du XIXe siècle, les premiers systèmes de consigne structurés apparaissent dans plusieurs secteurs alimentaires et boissons. L’objectif n’est pas encore écologique, mais avant tout économique et logistique : limiter les coûts de production et éviter de perdre des contenants coûteux. À cette époque :
- les brasseries récupèrent systématiquement leurs bouteilles auprès des cafés et distributeurs
- les laiteries consignent les bouteilles de lait livrées à domicile
- les limonadiers fonctionnent en circuit fermé avec récupération des contenants
- les commerçants stockent les bouteilles vides avant retour aux producteurs
- les producteurs lavent, contrôlent et réutilisent les bouteilles plusieurs dizaines de fois
La consigne est alors un standard industriel : elle permet d’optimiser les coûts, sécuriser les stocks de contenants et fiabiliser les circuits logistiques.
L’âge d’or de la consigne en verre (1930 — 1970)
Pendant plusieurs décennies, la consigne est la norme dans toute l’Europe. Elle fait partie intégrante du quotidien des consommateurs et du fonctionnement des commerces. Acheter une boisson implique presque automatiquement de rapporter la bouteille vide lors du prochain achat. Dans la vie de tous les jours, on consigne notamment :
- les bouteilles de lait, souvent livrées directement à domicile
- les bouteilles de bière, très largement consignées dans toute l’Europe
- les bouteilles de soda et limonades
- certaines bouteilles d’eau minérale selon les régions

À cette époque, les bouteilles sont conçues pour durer : verre plus épais, formats standardisés, systèmes de lavage déjà très organisés. Certaines bouteilles peuvent ainsi être réemployées jusqu’à 30 à 50 cycles, ce qui réduit fortement les coûts de production et les besoins en nouvelles matières premières.
Le début de la fin : pourquoi la consigne pour les bouteilles en verre a disparu en France
Contrairement à une idée reçue, la consigne n’a pas disparu parce qu’elle ne fonctionnait pas. Elle a reculé face à un nouveau modèle industriel basé sur le jetable.
Pour en savoir plus sur la disparition de la consigne en France.
L’arrivée massive du plastique
À partir des années 1970, l’essor du plastique transforme profondément l’industrie des emballages. Les nouveaux matériaux sont moins chers à produire, plus légers à transporter et plus faciles à standardiser à grande échelle. Dans ce contexte :
- le plastique devient très bon marché grâce à la production pétrochimique massive
- la production industrielle s’accélère avec des chaînes automatisées et des volumes très élevés
- les emballages deviennent plus légers, donc moins coûteux à transporter
- la grande distribution se développe et cherche des formats standardisés
- les circuits logistiques se mondialisent, ce qui complique les systèmes de retour des contenants

Le modèle du jetable s’impose progressivement : il simplifie la logistique, réduit les contraintes de stockage des emballages vides et facilite la distribution à très grande échelle.
L’essor de la grande distribution
Avec le développement rapide des supermarchés et hypermarchés à partir des années 1960-1980, toute l’organisation logistique de la distribution change. Dans ce contexte :
- les supermarchés cherchent à simplifier au maximum les flux logistiques
- le stockage des emballages vides devient un problème d’espace et d’organisation
- les enseignes privilégient les emballages à usage unique, plus simples à gérer
- la standardisation des formats facilite le transport et la mise en rayon
- la gestion des retours de contenants est perçue comme complexe et coûteuse
La consigne commence alors à être vue comme contraignante : elle demande du stockage, de la manutention et une organisation logistique spécifique, moins compatible avec le modèle de la grande distribution moderne.
Le pari du recyclage et ses inconvénients
Dans les années 1990, face à l’augmentation des déchets ménagers, la France et de nombreux pays européens structurent leur politique environnementale autour du recyclage. À cette période :
- les systèmes de tri se développent dans les communes
- les consommateurs sont sensibilisés au geste de tri des déchets
- les industriels intègrent davantage de matières recyclées
- le recyclage devient la réponse principale au problème des déchets d’emballages

Ce modèle a permis de réels progrès en matière de valorisation des déchets. Mais avec le recul, on constate que recycler ne suffit pas toujours à limiter l’impact environnemental global, notamment lorsque les volumes d’emballages continuent d’augmenter.
Les limites du recyclage
Le recyclage reste essentiel, mais il a certaines limites :
- processus énergivore (refonte du verre à très haute température)
- pertes de matière possibles (mauvais tri, contamination)
- intervient après la création du déchet
- dépend fortement du comportement de tri des consommateurs
Aujourd’hui, l’enjeu est double : mieux recycler et produire moins d’emballages à usage unique, notamment via le réemploi et la consigne.
Le rôle des éco-organismes dans la gestion des emballages en France : focus sur Citeo
En France, la gestion des déchets d’emballages repose en grande partie sur le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP). Cela signifie que les entreprises qui mettent des emballages sur le marché financent leur fin de vie, notamment via des éco-organismes.
Citeo : un acteur central du recyclage des emballages
Créé pour accompagner les entreprises et les collectivités dans la gestion des déchets, Citeo joue aujourd’hui un rôle clé dans le développement du tri, du recyclage et de la réduction des emballages en France.
Citeo intervient notamment sur :
- le financement du tri et du recyclage des emballages ménagers
- l’accompagnement des entreprises pour réduire l’impact environnemental des emballages
- le développement de solutions d’écoconception
- le soutien à l’innovation autour du recyclage et du réemploi
Depuis plusieurs années, Citeo s’intéresse également au développement du réemploi, notamment via des expérimentations sur la consigne et les emballages réutilisables.
Pourquoi la consigne fait son grand retour aujourd’hui
Si la consigne revient aujourd’hui, ce n’est pas par nostalgie. C’est parce que les limites du modèle jetable sont devenues visibles.
Une prise de conscience environnementale globale
Aujourd’hui, plusieurs facteurs expliquent l’accélération du retour de la consigne. La pression réglementaire européenne pousse progressivement les entreprises à réduire l’impact des emballages et à développer des solutions de réemploi. En parallèle, l’explosion des déchets plastiques a fortement sensibilisé l’opinion publique et renforcé les attentes des consommateurs pour des solutions concrètes et visibles. Enfin, l’augmentation du coût des matières premières pousse les industriels à repenser leurs modèles et à s’orienter vers des systèmes permettant de réutiliser les contenants plutôt que d’en produire systématiquement de nouveaux.

Le verre : un matériau parfaitement adapté au réemploi
Et oui, le verre présente de nombreux atouts pour le réemploi. C’est un matériau neutre et sain, qui ne migre pas dans les aliments ou les boissons. Il est également très résistant et supporte des lavages à très haute température. Sa solidité et sa stabilité en font aussi un excellent matériau pour être réutilisé sur de nombreux cycles.
Contrairement à certains matériaux plastiques, le verre ne libère pas de microplastiques au fil des utilisations ou du temps, ce qui en fait une solution particulièrement intéressante dans un contexte de préoccupations croissantes autour de la pollution invisible liée aux plastiques.
Consigne vs recyclage : deux logiques différentes
Le recyclage nécessite :
- collecte
- transport
- fusion à très haute température
- refabrication complète
La consigne permet simplement :
- lavage
- contrôle
- remise en circulation
Selon une étude de la brasserie Météor, la consigne permet d’économiser jusqu’à 79% de CO2 et 75% d’énergie par rapport à la fabrication d’une bouteille neuve.
Découvrez notre étude ACV sur l’impact environnemental du verre consigné comparé au plastique.
Comment fonctionne la consigne en verre aujourd’hui
Le réemploi moderne s’appuie sur des outils industriels et technologiques très avancés.
Les étapes actuelles
Aujourd’hui, le fonctionnement de la consigne repose sur plusieurs étapes clés :
- Achat du produit avec dépôt de consigne
- Retour du contenant vide (ou récupération directement à domicile dans le cas du Fourgon)
- Remboursement de la consigne
- Collecte logistique optimisée
- Lavage industriel haute performance
- Contrôle qualité automatisé
- Remise en circulation du contenant

Une consigne modernisée par la technologie
Aujourd’hui, la consigne s’appuie sur :
- la traçabilité des contenants
- une logistique optimisée
- des centres de lavage performants
- une mutualisation entre producteurs et distributeurs
La consigne : un pilier de l’économie circulaire
Le réemploi permet :
- une réduction massive des déchets
- une réduction des émissions carbone
- une limitation de l’extraction de ressources
- une relocalisation industrielle
Les défis actuels
La consigne doit encore relever plusieurs défis pour se déployer à grande échelle :
- organisation logistique
- standardisation des formats, notamment via des initiatives collectives comme les formats mutualisés type R-Cœur, qui visent à permettre le réemploi des mêmes bouteilles entre plusieurs producteurs
- adaptation industrielle
- adoption massive côté consommateurs
La standardisation des contenants est un enjeu clé : plus les formats sont mutualisés entre acteurs, plus les circuits de lavage et de réemploi sont efficaces et viables économiquement.

Un modèle historique devenu solution d’avenir
Vous l’aurez compris, la consigne en verre n’est pas une nouveauté. C’est un modèle ancien, robuste, qui revient aujourd’hui avec des outils modernes.
Pour nous, chez Le Fourgon, remettre la consigne au cœur du quotidien n’est pas seulement un choix logistique ou économique. C’est participer activement à la transition vers un modèle plus durable, plus responsable et plus cohérent avec les enjeux actuels.
Et si la consigne revient aujourd’hui, ce n’est probablement que le début.

Nos réponses rapides à toutes vos questions
Pourquoi la consigne des bouteilles en verre a-t-elle été mise en place ?
La consigne a d’abord été mise en place pour des raisons économiques et logistiques. Le verre était coûteux à produire, donc récupérer, laver et réutiliser les bouteilles permettait de réduire les coûts et d’éviter le gaspillage de matière.
Quand les bouteilles en verre ont-elles été inventées ?
Les premières bouteilles en verre apparaissent dès l’Antiquité, mais leur production industrielle se développe surtout à partir du XVIIe siècle, avec l’essor des techniques verrières en Europe.
Quelle est la consigne pour le verre ?
La consigne correspond à un montant payé lors de l’achat d’un produit dans un contenant réutilisable. Cette somme est restituée lorsque le contenant vide est rapporté afin d’être lavé et remis en circulation.




